Ce dimanche 12 avril 2026, la ville lumière s'est transformée en un théâtre d'émotions, de sueur et de dépassement de soi. La 49ᵉ édition du Schneider Electric Marathon de Paris a réuni exactement 58 853 coureurs venus du monde entier pour vivre une aventure hors du commun. 57 464 d’entre eux ont franchi la ligne d’arrivée, entre les larmes, les sourires, et les cris d'encouragement d’un public fidèle et passionné. Récit.
- 49% couraient leur premier marathon, 33% de femmes, 29% d’étrangers, 38 ans de moyenne d’âge
- L'Italien Yemaneberhan Crippa (2h05'18) et l'Éthiopienne Shure Demise (2h18'34, record de l'épreuve) ont été les plus rapides
- 8,5 millions d'euros collectés par 8 500 coureurs au profit de plus de 300 associations : record pour les dossards associatifs
- 40 zones d'animation et une ambiance au rendez-vous
S'il a fallu 2h05'18 à l'Italien Yemaneberhan Crippa et 2h18'34 à l'Éthiopienne Shure Demise pour remporter le Schneider Electric Marathon de Paris 2026 ce dimanche, exactement 57 464 personnes ont bouclé le tracé au cœur des hauts lieux de la capitale. Des coureurs venus pour battre un record, pour un défi personnel, une cause, une association ou simplement pour ressentir cette communion unique qui se crée entre les rues mythiques de Paris, les encouragements chaleureux des spectateurs, et le souffle collectif de ceux qui osent aller au bout d’eux-mêmes.
La magie a encore opéré
Dimanche matin repos à la maison ? Quelle question ! Pas dans la capitale avec le Schneider Electric Marathon de Paris ! Ils sont exactement 58 853 (33% de femmes) à avoir troqué la grasse matinée pour un départ matinal sur les Champs-Élysées afin de vivre un moment de gloire. Il faut dire que le rendez-vous running le plus important de l'Hexagone ne manque pas de charme et de singularité à travers cette capacité à réunir, sur un même site et au cours d’une même matinée, le coureur du dimanche et le médaillé international. Derrière les champions à la foulée féline, chaque coureur a l’occasion de visiter « la plus belle ville du monde » via une excursion unique en son genre sur les artères et les places les plus prestigieuses de la capitale, de la majestueuse avenue des Champs-Élysées jusqu’au bois de Vincennes, en passant par l’Arc de Triomphe, l’Opéra Garnier, la cathédrale Notre-Dame ou encore la Tour Eiffel. Et ainsi retrouver ou rejoindre la grande famille des « finishers ».
La Ville Lumière s'est parée de pancartes, de cris d'amour, de chants et de tambours. Chaque kilomètre était une histoire. Tout au long du parcours, pas moins de 40 zones ont animé le tracé pour accompagner chaque foulée, participant activement à l'effervescence et à l'atmosphère de la course parisienne. Que l’on soit coureur ou spectateur, l'itinéraire s'est transformé en véritable fête populaire au cœur de la capitale.
Près de 200 000 spectateurs étaient massés tout au long du parcours pour acclamer les coureurs. Deux amis, Mathis Delbarre et Léa Vandenbroucke, attendent un ami à eux, Paul-Lénaïc Pervès : « c’est un ami à nous de Brest et on travaille à Paris, donc c’était l’occasion de le soutenir. On l’a suivi sur plus points du parcours et il avait l’air vraiment content de nous voir à la fin, à la sortie du bois de Boulogne. Il faut être un peu partout à la fois, il faut choisir. On n’a pas le temps de s’arrêter parce qu’il courait vite pour faire moins de 3 heures »
Le Schneider Electric Marathon de Paris, c'est aussi la force d’une famille réunie au bord des rues pour pousser l’un des siens jusqu’à la ligne d’arrivée. Une famille avec les grands-parents, attend leurs deux gendres, Matthieu Langlois et Frédéric Grossot, ainsi qu’un ami de la famille, Sébastien Daumas : « on est sept à les encourager sur trois générations ! On les a vus à seulement 150 m et c’était déjà extra. Les enfants sont contents d’applaudir leur papa, qui a réalisé son temps en 2h46. »
Une véritable montée en puissance des marathoniennes
Lors de cette édition 2026, la présence féminine a atteint un niveau historique : 33% du peloton était composé de femmes, contre 31% en 2025, 28% en 2024 et 25% en 2022 : une progression continue qui illustre l’essor du running féminin. Au-delà des chiffres, ce sont surtout les histoires individuelles et les témoignages qui ont marqué cette édition.
Cristèle Ramassamy (47 ans) a négocié son deuxième marathon en 4h01 : « je me suis mise au marathon l’année dernière, j’ai fait 4h02 l’année dernière à Paris. Je me suis dit que j’allais faire sous les 4 heures, mais je fais 4h01 cette année, ce n’est pas grave, c’est déjà bien ! Et puis j'ai été impressionnée par les nouveaux systèmes de ravitaillements. Ça me stressait avant ma course mais c'était hyper fluide, je n'ai jamais attendu pour remplir ma flasque, c'est chouette que Paris ouvre le voie !
Les primo-marathoniens en forte hausse
Un autre chiffre marquant : près d’un participant sur deux (49%) découvrait pour la première fois la distance mythique des 42,195 km, contre 41% en 2022. Une démocratisation spectaculaire qui illustre l’attrait croissant du marathon auprès d’une nouvelle génération de coureurs en quête de défi personnel, de transformation et d’expérience marquante. Si certains venaient pour gravir la plus haute marche du podium, d'autres étaient là pour entrer dans la grande famille des marathoniens et des marathoniennes.
Tout sourire sur l’avenue Foch, Kevin Janvier (34 ans) a rallié la ligne d'arrivée en 2h46, quatre minutes de moins que son objectif au départ : « je suis mort ! Je suis très fier, j’ai fait mieux que j’espérais, même si je m’éclate le plus des distances inférieures du 5 et 10 km. Je me suis inscrit juste après le Marathon de Paris de l’année dernière avec un groupe de potes, mais ils sont dans les sas derrière.
Un défi relevé par la jeunesse
De plus en plus de jeunes se lancent dans l'aventure du marathon, portés par une envie forte de dépassement de soi et de défis. Victor-Emmanuel Botteri (21 ans, étudiant en master de biologie), et Ophélia Botteri, (24 ans, stage en planning stratégique) sont officiellement devenus finishers après 4h01 d'effort : « c’était dur, mais j’ai accompagné Ophélie, donc ça allait, mais elle a été super forte. Je voulais être avec elle sur les 42 km. Il faut faire attention quand on est jeune, donc on va attendre un peu avant d’en refaire, mais on y reviendra. Nos parents sont habitués, donc ils n’étaient pas là, mais ils nous attendent à la maison avec un petit déjeuner ! »
Un rendez-vous planétaire
Autre indicateur qui confirme l'attractivité mondiale du Schneider Electric Marathon de Paris : près d’un tiers du peloton (29%) était composé de participants venus de l’étranger. Parmi eux, les coureurs du Royaume-Uni formaient la communauté la plus représentée après la France, suivis par ceux des États-Unis. Une internationalisation croissante qui transforme la course parisienne en véritable rendez-vous mondial du marathon. Sur les 42,195 km, les accents se mélangent et les cultures se croisent.
Sous l'arche d'arrivée, on a fait la rencontre de la Canadienne Julie Lajeunesse (46 ans) qui effectuait son neuvième marathon accomplie en 2h43’36 : « j’étais venue pour le semi de Paris en 2013 et je m’étais dit que je reviendrais quand je courrais des marathons. C’est un magnifique parcours, une foule exceptionnelle, j’ai adoré ! J’avais regardé plein de vidéos, je savais où étaient les faux-plats et les côtes. Je reste une semaine entière pour en profiter aussi les prochains jours. À l’époque, j’avais fait un temps surprenant et je courais avec mes émotions, et c’est ça que j’ai fait aujourd’hui : j’ai couru pour moi. »
La solidarité s'impose
Depuis 2012, le Schneider Electric Marathon de Paris a intégré à son dispositif d'inscription un programme de dossards associatifs, offrant aux participants la possibilité de prendre part à la course tout en soutenant une cause qui leur tient à cœur. On relève une forte montée en puissance de l’engagement solidaire : environ 8 500 coureurs (6 000 en 2025) ont fièrement endossé un dossard associatif, permettant de collecter plus de 8,5 millions d’euros au profit de 300 associations.
C'est le cas de Joseph Petrop (29 ans), premier marathon achevé en 3h21 : « c’était incroyable, mon premier marathon ! Je viens de New York et du New Jersey, j’adore Paris. Je suis déjà venu une fois pour deux nuits. Je venais juste de me mettre à la course à pied, et je m’étais dit que je reviendrais pour courir le marathon, donc c’était incroyable. J’ai couru pour l’American Cancer Society. J'ai perdu mes grands-parents, et mon père a eu un cancer cette année. Ça va maintenant, tout va bien dit. Je fais le semi-marathon de Brooklyn dans quatre semaines.
Sous le signe de la résilience
Plus qu’un simple rendez-vous sportif, la présence du handisport au Schneider Electric Marathon de Paris est un symbole. Elle incarne une volonté forte d’inclusion. Pour Jorge Madera Jimenez (8e en 2h33'28), athlète fauteuil, au moins une douzaine de marathons à son actif, c’était bien plus qu’une course. « Je viens d’Espagne et je suis venu avec une amie. Il y a deux ans, j’étais à l’hôpital pour une opération. Maintenant, je cours pour être heureux, car être un athlète professionnel, c’est fini à cause de ma prothèse. »
Laure Manaudou, l'inspiration d'un premier marathon
L’une des principales célébrités du peloton, Laure Manaudou (ambassadrice Hyundai), a terminé son aventure après 4h30’44 d’effort intense. La championne olympique de natation devient ainsi une source d’inspiration pour toutes celles et ceux qui se sont élancés pour leur premier 42,195 km. Ses maîtres mots : dépassement de soi, progression et bien-être. « J’étais bien jusqu’au 29e km. J’ai la chance d’avoir mon grand-frère et Marion (Pelé) qui m’ont accompagnée durant toute la course. J’ai été encouragée tout au long du parcours. Bravo à tous les coureurs ! »
Miguel Mattioli, plus connu sous le pseudo de Michou sur YouTube (11 millions d’abonnés), a également traversé les lieux les plus emblématiques de Ville Lumière ce dimanche.
Alors que les rues retrouvent leur calme et que les jambes se reposent, les cœurs, eux, restent habités par cette parenthèse magique. Le marathon s’achève, mais les émotions, elles, restent gravées pour toujours.